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Refondation du PS : réponses aux défis 1 sur 3

09/09/2010 à 16h09 | 1108 vues | 0 réactions

Suite au texte publié en mai dernier, voici le premier de 3 textes proposant un cadre général pour cette refondation.

    Refondations, PS, Socialisme et Social-démocratie

    Le dormeur doit se réveiller


Introduction

Les défis démographique, climatique, énergétique, la dématérialisation contraignent notre société en profondeur et nous obligent à faire évoluer notre vision de la société, nos priorités, nos choix.

La société d'après-guerre a été construite sur une volonté farouche de protection en réaction à la guerre, protection qui impliquait collectivement les citoyens dans leur effort et promettait en retour les bienfaits d'un état voulu comme providentiel.






La démographie, la psychologie, le sens de l'histoire, le dynamisme de la reconquête économique permettaient de mettre en œuvre cet élan collectif coordonné.

D'abord questionné par les soubresauts de notre histoire contemporaine, les années que nous venons de passer ont fini d'achever ce modèle : privilégiant l'individu, renonçant à toute vision collective de l'avenir, renonçant à agir sur le marché et le destin commun au nom de la société tout entière, ces années ont fait exploser le risque et augmenté le niveau d'irresponsabilité jusqu'à l'accident de 2008 qui n'est que le résultat d'une accumulation de défaillances d'un modèle de société qui n'avait guère évolué sinon par son affaiblissement progressif.

 

La défaillance des outils et les errements qui en découlent ne marquent cependant pas la défaillance des idéaux proclamés par le Conseil National de la Résistance qui avaient pour ambition (extraits) :

 

Assurer :

Promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

b) Sur le plan social :

 

 

 

 

 

 

 

 

c) Sur le plan éducatif :

On le voit à la relecture de cette liste d'objectifs, nombre d'entre eux ont été atteints avec succès, mais certains sont marqués du sceau de l'échec, échec en partie dû à l'évolution historique de notre société. L'État providence semble bien mort, la justice immanente de la main invisible du marché a failli, il faut trouver un autre paradigme, un nouveau modèle de société qui tire les leçons des succès et échecs passés.

La certitude et le risque : utopie sociale

Nous sommes passés d'un modèle de certitudes (l'État sera là pour vous) à un modèle de dénuement devant le risque (l'État ne peut pas tout et les moyens laissés à l'individualisme menacent les fondements même de la société).

 

Notre société qui voulait pallier tous les risques a abouti à les rendre absolument incontrôlables. L'État qui décide, contrôle et met en œuvre doit se muer en État qui calcule les risques, les prévoit, les prévient, les encadre, et répare en dernier ressort.

L'État « assureur »

Au nom de l'intérêt commun des citoyens, l'État doit mettre en œuvre des éléments destinés à

Les risques vitaux citoyens sont entre autres :

 

Par risque raisonnable, nous entendons les risques qui permettent d'améliorer sa condition et la condition de ceux dont on est responsable sans ce cela entraîne des conséquences majeures et irréversibles sur d'autres en cas d'échec.

 

Ce paradigme de l'État assureur évite à la fois la lâcheté ou le mysticisme qui consiste à laisser le destin de la société aux mains du seul marché et l'illusion qui consiste à croire que l'État est en mesure de prendre les meilleures décisions sur tout et partout.

 

Le système d'assurance, déjà présent dans les outils sociaux (assurance chômage, maladie, ...) induit une solidarité de tous envers chacun, et laisse à chacun la possibilité de prendre les risques qu'il juge bons à l'intérieur d'un cadre général. Il s'agit donc de faire évoluer l'idée qui sous-tend ces outils et d'aboutir à un système plus efficace est surtout pérenne.

L'État « assurance vie »

Dans notre quotidien, travailler c'est à la fois gagner sa vie et « être socialement reconnu ». Ceci explique que lorsque l'on n'a plus de travail, être indemnisé ne suffit pas ou que certains acceptent parfois volontairement de travailler même en dessous d'une rémunération équitable.

Cette double identité du travail induit un certain nombre de choses.

 

Elle divise notre vie en quatre phases (« je me prépare à travailler », « je travaille », « je suis en retraite » plus une phase accidentelle qui est celle de l'invalidité). Le problème posé ici est que ce découpage n'est financé que par la deuxième phase et que dans la situation démographique et sociale actuelle, il n'est plus finançable sans induire des tensions sociales insoutenables (il faut aller prendre l'argent chez « l'autre », qui forcément ne sera pas moi). Il n'est pas pérenne.

La situation actuelle est dramatique dans toutes les phases de la vie :

Le travail ne pouvant financer de façon pérenne le système, on peut toujours songer à aller ponctionner le capital, mais dans un monde globalisé où nous n'avons qu'un faible pouvoir, voire dans un monde où le capital nécessaire aux moyens de production est en train de diminuer rapidement face à une économie émergente de services, cela a encore moins de chances d'aboutir que dans les différentes expériences menées pendant le XXème siècle.

Il faut donc trouver autre chose. Or la richesse, immense, atteinte par notre société nous permet de déconnecter la nécessité de satisfaire nos besoins élémentaires de la nécessité de travailler. Il est envisageable de refondre notre système d'aides ciblées devenu inefficient à force de complexité et de contestation, par un système unique dont l'objectif est de subvenir universellement aux besoins élémentaires de chaque citoyen. Nous proposons de travailler sur l'introduction progressive d'une Allocation Citoyenne Universelle (ACU) qui est un contrat entre l'État et le citoyen et garantit à tout âge, qu'aucun citoyen ne se retrouvera dans une situation d'indigence, indigne de son humanité et de sa citoyenneté. Cette allocation en partie en nature, varie en fonction de l'âge, de la pédiatrie à la gérontologie, de l'école primaire à la formation continue, du transport gratuit à une aide financière lorsqu'un bien ou un service ne peut être délivré, elle a pour objet de répondre aux besoins et non plus de fournir en numéraire les moyens palliatifs du manque.

Quoi qu'il arrive, l'État garantit à chacun qu'il ne descendra pas au-dessous d'un seuil de niveau de vie critique. Une telle mesure, outre le progrès de civilisation qu'elle introduit, se veut aussi une formidable source de confiance, la possibilité de prendre des risques raisonnables, d'entreprendre, de se développer personnellement.

Ce faisant, les besoins satisfaits par l'ACU n'ont plus à être financés par les seuls revenus du travail, les caisses chômage, invalidité ou de retraite. Ils ne proviennent plus des salaires, mais

L'ACU est un horizon utopique qui doit guider les réformes sociales de notre société.