Bloggy Bag
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Qui a dit que Nicolas Sarkozy faisait quelque chose face à la crise ?

06/03/2009 à 16h18 | 1495 vues | 4 réactions

 

Johnny PERCHEC vient de nous gratifier d'un argumentaire défendant la politique de notre sarko-gouvernement. Bel effort...

Argument numéro 1 : priorité à l'emploi.

Voilà qui ne manque pas d'être gonflé pour un gouvernement qui a manqué la chance démographique historique de ramener le chômage à sa portion congrue. Mais voilà, il y a deux ans les emplois aidés étaient cloués au pilori, il fallait en finir avec ceux qui ne voulaient pas travailler et donc gagner plus. En filigrane, la démographie allait tout règler toute seul, le gouvernement Sarkozy avait d'autres chats à flatter.

Histoire d'en remettre une couche, il fallait absolument avoir la peau des 35h et Nico La Schkoumoune s'est senti obligé de rajouter la mirifique idée des heures supplémentaires défiscalisées ( http://www.lepost.fr/article/2008/11/28/1340105_tant-qu-on-perd-ils-jouent_1_0_1.html ). Superbe idée qui, comme annoncé, s'est révélée être un accélérateur de licenciements en période de difficulté, et maintenant de crise aiguë.

Sous-argument choc suivant, l'investissement c'est donner du travail. En période normale, c'est incontestable. Mais qu'on le prenne en long, en large ou en travers, nos problèmes du jour sont la trésorerie des entreprises et un épouvantable abime entre offre et demande. Les constructeurs peuvent investir tant qu'ils veulent, ils frôlent à tout moment la cessation de paiement et leurs moyens de production sont au moins de 30% au dessus de ce qui est nécessaire !

Argument choc numéro 2 : la solidarité est renforcée

J'en reste baba ! Sarko a fait sa campagne sur le démerde-yourself, le volontarisme de celui qui veut peut ! Il n'avait pas de mots assez durs sur la redistribution qui prend aux méritants pour engraisser les fainéants ! Heureusement qu'il a trouvé le RSA comme alibi, mais les seuls moments où Sarkozy se montre solidaire c'est quand il est dans la panade.

Argument choc numéro 3 : aide aux classes moyennes

Si ce n'est pas de l'humour noir ça ! L'aide en question tient en deux mesures : dialoguer (noter la puissance de l'aide) et l'allégement de l'IR (on passera sur le fait que l'IR français est un des plus faibles et que part ailleurs Sarko n'a eu de cesse d'inventer des taxes).

Argument choc numéro 4 : soutenir nos entreprises

Avec une corde de pendu sans doute. Il y a d'abord l'argument mensonger de la suppression de la taxe pro (au mieux il s'agira d'un plafonnement). Quant à l'avancement du paiement de ce qui est dû par l'Etat, c'est bien mais de là à en faire une mesure phare...

Argument slogan choc 5 : investir nous renforce

Voilà un slogan consensuel qui ne mange pas de pain. Dommage que l'effort de relance soit si minable. Nous sommes loin des 33% de PIB du plan de relance chinois !

Slogan choc 6 : moraliser et refonder le capitalisme

Hastas siempre commandante Che kozy ! Des mots, du vent pour celui qui n'avait pas de mots assez durs contre les socialistes régulateurs, les anti-capitalistes sectaires ! En quoi est-il moral de mélanger poste politique et nomination dans le privé ? En quoi est-il moral de fustiger les primes des traders lorsque l'on s'augmente si généreusement soi-même ?

 

Le gouvernement Sarkozy est le pire qu'ait connu les différentes Républiques françaises, il a battu un nombre incroyable de records catastrophiques, s'est systématiquement trompé de diagnostic depuis son élection, a été incapable de manager les ministres, n'a cessé de mentir et de faire de l'esbroufe devant les caméras. La crise n'est pas de son fait, mais l'incapacité à la voir venir (souvenez-vous lorsque sarko-fillon nous annonçaient qu'elle resterait de l'autre côté de l'Atlantique), à en prendre la mesure (il a fallu attendre ces derniers jours pour que Lagarde veuille bien admettre la récession, et encore en minimisant les chiffres), à en comprendre la nature (refus obstiné de voir qu'il s'agit entre autre d'un déséquilibre entre offre et demande).

Ce gouvernement doit partir et doit être remplacé par un gouvernement composé de personnalités compétentes travaillant dans un contexte d'union républicaine. Quant à Sarkozy, qu'il aille mixer les disques de Carlitta, c'est là qu'il fera le moins de mal.