
Bloggy Bag
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Ceux qui s'agitent et ceux qui bossent pour nous
17/02/2009 à 10h35 | 2617 vues | 3 réactions![]()

En ces temps difficiles, il y a ceux qui ne manquent pas une occasion de se précipiter devant un micro pour se faire voir quitte à montrer à quel point ils n'ont rien à dire, et ceux qui travaillent plus discrêtement et surtout efficacement.
Je vous laisserai mettre des noms sur les premiers pour faire un point sur les seconds, en particulier sur l'action du FMI et de son directeur général Dominique Strauss-Kahn.
Lorsqu'il a accepté de prendre la présidence du FMI sur proposition de Jean-Claude Junker, il fut vertement reproché à DSK de prendre les commandes d'une institution qui s'était discréditée, pour le moins, en menant une politique qui avait conduit nombre de pays africains à la catastrophe. Mais le challenge pour Strauss-Kahn était d'accepter ce poste dans le but de réformer l'institution plutôt que de se draper dans une hostitilité de principe qui non seulement ne serait d'aucune aide à quiconque, mais surtout aurait été un tantinet lâche.
A-t-il réussi ? Trop tôt bien sûr pour le dire, mais on peut déjà mesurer le terrain parcouru avec deux actualités du jour.
D'abord un rappel à l'ordre général : "Le système financier dans le monde entier n'est pas encore sain et du coup les effets de la relance ne sont pas suffisamment importants". DSK a oeuvré pour une mobilisation massive et volontaire des Etats, pour une réforme interventionniste du système financier. Le moins que l'on puisse dire c'est que cela était en opposition radicale avec les années ultra-libérales du FMI ! Nous ne sommes certes pas encore sauvé, mais cette mobilisation a permis de prendre le problème à bras le corps au lieu de se laisser bercer par l'illusion de la main invisible du marché ultra-libéral et nous a évité un hiver nucléaire financier. Reste qu'aux yeux de DSK, les banques ne sont pas encore assez claires vis à vis de leurs actifs "pourris" et il milite pour l'identification et le regroupement de ces actifs dans des "bad banks". L'intérêt étant d'une part de permettre aux banques d'inspirer à nouveau la confiance et d'autre part de permettre une gestion spécifique et adapatée de ces fonds toxiques au sein d'un organisme entièrement mobilisé pour cela. Il est dommage que cet effort volontariste soit aujourd'hui plus relayé et mis en application par l'administration Obama que par le gouvernement français.
L'autre reproche, là aussi plutôt justifié, était que le FMI était en fait un fossoyeur des pays pauvres. L'une des première mesures de l'ère Strauss-Kahn fut l'apurement de la dette du Libéria. Aujourd'hui, le FMI par la voix de son directeur général, annonce une conférence à Dars-el-Salam dans le but de "trouver le moyen d’aider l’Afrique à relever ce défi –notamment en tirant des leçons des réussites du passé – sera l’objectif d’une grande conférence parrainée par le FMI et le président de Tanzanie, Jakaya Kikwete, qui se tiendra à Dar Es-Salam en mars. Cette discussion sur les perspectives de l’Afrique impliquera non seulement des décideurs officiels mais aussi des représentants du secteur privé et de la société civile, dont le rôle clé est reconnu par tous.". Quel chemin parcouru sur la voie d'une vraie coopération efficace, d'une prise en compte des hommes plutôt qu'un aveuglement dogmatique.
En ces temps de crise oh combien difficiles pour tous, la compétence, le volontarisme et plus encore l'humilité sont indispensables pour nous sortir du trou. Nous ne pouvons que souhaiter que DSK serve d'exemple, achève rapidement et avec succès son travail car les citoyens de notre pays et au-delà les européens ont besoins de telles personnalités.