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Fier(e)s Détresses Ô Socialistes !
19/11/2008 à 16h15 | 825 vues | 2 réactionsJeudi, vendredi au plus tard, on débranche le respirateur artificiel pour voir si le malade passe à trépas ou s’il ressuscite.
Comme prévu, restent en course une candidate colorée de social-démocratie (Martine Aubry), un candidat de la gauche radicale (Benoît Hamon) et la candidate du prolongement de la présidentielle 2007 (Ségolène Royal).
Comme prévu, on discute des personnes, de l’âge du capitaine (haro sur les vieux et assimilés !) et on fait le maximum de mousse pour être bien sûr d’exacerber le cerveau limbique et d’endormir le néocortex. Tant pis, je vais essayer d’argumenter un peu entre deux communiqués de presse.
D’abord, petit retour sur la motion A et l’attitude de Bertrand Delanoë. Après une première hésitation pendant laquelle il n’a pas voulu prendre position, il a finalement choisi de soutenir Martine Aubry. Réaction indignée dans le camp Royaliste avec une accusation de déshonneur, rien de moins. Dans les faits, l’indignation est proportionnelle au report de voix espéré et perdu, cela ne trompe personne. Quant au déshonneur, l’argument ne manque pas de sel. Un leader représentant une motion qui a fait un quart des voix du PS pouvait-il se retrancher dans son bureau en laissant couler le bateau ? Bien sûr que non. Bertrand Delanoë avait deux choix : présenter sa candidature (il en avait autant la légitimité que les trois autres) ou, au nom de ceux qu’il représente et après concertation, indiquer vers qui se reportait son vote. Sa candidature ne permettant pas d’éclairer le PS, il en a pris acte et a renoncé à ses ambitions avec dignité justement. L’honneur lui a ensuite commandé de choisir un camp.
Ce choix était-il surprenant ? Si on s’attache deux secondes aux motivations politiques et idéologiques, il est plus que logique. Les sociaux-démocrates se sont répartis dans deux motions (trois à l’origine avec la contribution de Pierre Moscovici). Par quel errement de pensée ou inconstance aurait-il pu demander autre chose que la réunion d’un courant politique qui par ailleurs a fait un énorme travail de réflexion depuis 2007 (cf. les textes de socialisme et démocratie). Certes la motion A rassemblait au-delà de ce seul courant, mais la refondation social-démocrate en était bien la colonne vertébrale. En fait, ce choix est l’un des rares choix valables sur le fond : si l’on veut (enfin !) refonder le vieux PS, si on veut le mettre en phase avec les attentes de la société française, si l’on veut bâtir un programme politique sur la réflexion et la compétence, cela ne peut se faire qu’autour d’une approche social-démocrate refondée telle que nous la défendons. Par ailleurs, un de nos outils principal est le dialogue débouchant sur un contrat : bigre, que le PS en aurait besoin à l’heure où le césarisme menace le PS !
Et Hamon dans tout cela ? Difficile de savoir ce que fera la gauche radicale. Suivre Mélanchon dans une aventure autonome ? Accepter d’être minoritaire dans une refondation socdem ? Manger son chapeau et voter centre-droit avec Royal ? J’éviterai tout pronostic pour l’instant.
Alors que voter ? En ce qui me concernent, je privilégie le choix sur le fond en mettant en avant la bannière social-démocrate et je ferai fi du contexte et de l’environnement qui parasite la candidature de Martine Aubry. Arrêtons d’ergoter : je vote socdem, elle rassemble les socdems, assumons !
Petite remarque en guise de conclusion clin d’œil : pourquoi un post dont le titre est “Fier(e)s Détresses Ô Socialistes”. Parce que c’est tout bonnement le nom du site de soutien de la candidature de Ségolène Royal ( http://www.FiersDetresOcialistes.org ) !